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MORAND Village de Touraine et d’Indre et Loire
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Le château de Morand : Image et texte  du livre "La Touraine disparue" C.I.D. 37170 CHAMBRAY

En admirant cette belle demeure disparue, on regrette vivement que le village de Morand en soit privé depuis le fin du XIXe siècle.


HISTOIRE


Grande "villa" rurale du Haut Moyen Age, Morand doit son nom au premier possesseur du domaine, un Franc sans doute, Moderamnus ou Morannus. Le plateau subhorizontal de la Petite Beauce, aux limites du Blésois et de la Touraine, fut défriché tardivement, pour devenir un terroir à céréales. Vers l'an mil, le comte d'Anjou Foulques Nerra, pour gêner son adversaire de Blois, avait fortifié la motte de Caramentum (Chérament) encore visible sur la commune de Saint-Nicolas des Mottets. Par la suite, la garnison se replia sur la villa Morand. Il y eut là, au midi de l'église des XIe - XVe siècles, un château fort entouré d'eau : les douves subsistent encore partiellement aujourd'hui. On ne connaît les seigneurs de Morand, vassaux de Château-Renault, que depuis le XVIe siècle. Louis Mollet, Jean de Malherbe, Jean de La Chesnaye, commencèrent à ransformer la maison forte en demeure de plaisance. Cette mise au goût du jour fut poursuivie par la famille Vic (d'origine aquitaine) au XVIIe siècle et début du XVIIIe. A partir de louis XV, le château de Morand fait partie des domaines acquis autour de Château-Renault par les Peltereau, célèbre famille de maîtres-tanneurs depuis déjà deux siècles. Le château de Morand apparaît alors, comme une demeure très agréable, entourée de ses douves médiévales, avec un seul passage du coté du levant. Le premier cadastre de la commune (1844) en précise parfaitement le site. Grâce à la reproduction d'une photorapie disparue, la baronne Jean de Cools donnant ce très éléguant dessin en 1935 à la Société archéologique de Touraine, permet de bien préciser le souvenir du château de Morand. Le corps de logis central est ici aspecté à l'est. Ses ouvertures, en galerie, ses fenêtres et lucarnes à doubles meneaux, indiquent la Renaissance. Au nord (à proximité de l'église qui se trouve de l'autre coté des douves) une tour-porche carrée donne accès à un massif de construction plus anciennes. L'aile méridionale est formée, d'une part d'un logis bas cantonné de tourelles carrées, et d'autre part d'un pavillon au toît très élevé, au bord de la douve méridionale. Les murs de ce pavillon ont dû être réemployés pour l'actuelle demeure carrée à cet emplacement.. Le four à pain disparut, hélas, en 1946 pour ouvrir une nouvelle entrée. Dans l'angle rentrant des deux ailes, un grand puits à colonnades était surmonté d'un clocheton de style Renaissance.


En 1881, la propriétaire du château de Morand s'appelait "la comtesse de France" ; l'héritier et liquidateur de ses biens à Morand (1906) fut un baron d'Astier de la Vigerie. L'année 1882 avait été plus funeste : démolition de presque tout le château, morcellement des terres. Comme l'ensemble, sans doute inhabité depuis longtemps, semblait une verrue si près du centre-bourg, un silence coupable laissa faire les démolisseurs.


Le « siège de Morand » durant la Fronde


Page d’histoire écrite par le curé Marc sur le registre de la paroisse


« L’an 1653, le 22 éme jour de février, le Seigneur Comte de Schomberg conduisant le 2 régiments de Monseigneur le Duc d’York, l’un de cavalerie écossaise, et l’autre d’infanterie hollandaise, les deux composés de mil et douze cents hommes, assiégea le château de Morand sur les huit heures du matin, où fut  fait grand combat durant deux heures et furent tués et blessés tant des assiégeants que des défendants  grand nombre de monde, entre lesquels assiégés furent tués Favien Rigaudry, Jean Coulombert, et Jacques Philippon se Saint-Nicolas et plusieurs blessés. Et des assiégeants furent tués deux lieutenants, trois sergents et plusieurs blessés qui moururent loin en allant »


 Moi, soussigné, étant dans ledit château


G. MARC


L'original de ce texte figure dans les archives de la Mairie de Morand. Document Yvette Garreau 37110 Morand